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Abeilles butinant des fleurs pour récolter le nectar

Comment les abeilles font le miel : le processus complet de la fleur au pot

Comprenez comment les abeilles fabriquent le miel : butinage, transformation, operculage, récolte par l'apiculteur. Le processus complet expliqué.

Sommaire

Le miel naît d'une chaîne biologique précise : les abeilles butineuses récoltent le nectar des fleurs, le transmettent à leurs congénères dans la ruche par échanges bouche-à-bouche (la trophallaxie), enrichissent ce liquide d'enzymes salivaires, ventilent les alvéoles jusqu'à ce que l'humidité descende sous 18 %, puis scellent chaque cellule avec une fine couche de cire. L'apiculteur récolte ensuite les cadres operculés. Ce guide détaille chaque étape, du jabot de l'abeille à la mise en pot, en s'appuyant sur les données institutionnelles UNAF, ITSAP-Institut de l'Abeille, INRAE et FranceAgriMer. Il replace aussi la fabrication du miel dans le contexte des entreprises qui installent des ruches sur leurs toits — une pratique qui produit aujourd'hui certains des miels les plus diversifiés de France.

12 000 tonnes

Récolte de miel France 2024

24 kg/an

Rendement moyen ruche bio (2023)

20 à 30

Espèces florales par pot (miel parisien)

20 % max

Seuil légal d'humidité du miel

600 g/an

Consommation moyenne par Français

Cinq millions de fleurs visitées pour produire 500 grammes de miel : c'est l'ordre de grandeur communément admis chez les apiculteurs pour mesurer le travail invisible qui se cache derrière chaque pot.

Les abeilles butineuses récoltent le nectar des fleurs, le transmettent à leurs congénères dans la ruche par un échange bouche-à-bouche appelé trophallaxie, puis ventilent et déshydratent ce nectar enrichi d'enzymes jusqu'à obtenir un miel à moins de 18 % d'humidité, scellé dans des alvéoles operculées. L'apiculteur intervient ensuite pour récolter ces alvéoles mûres, désoperculer la cire, extraire le miel par centrifugation et le mettre en pot.

Quatre étapes structurent ce processus naturel : le butinage du nectar, sa transformation biochimique dans la ruche, l'operculage des alvéoles, puis la récolte humaine. Ce guide les détaille une à une, chiffres institutionnels à l'appui, et explique au passage pourquoi la fabrication du miel intéresse aujourd'hui de plus en plus d'entreprises françaises.

Le butinage : tout commence par le nectar

Le butinage désigne l'ensemble des allers-retours qu'effectuent les abeilles ouvrières entre les fleurs et leur ruche pour collecter le nectar, matière première du miel. Cette substance sucrée, sécrétée par les glandes nectarifères des fleurs pour attirer les pollinisateurs, contient principalement de l'eau et trois sucres : saccharose, glucose et fructose. Elle ne devient miel qu'après une longue chaîne de transformations qui commence dès la collecte.

Une colonie explore en moyenne un rayon de 3 kilomètres autour de sa ruche, ce qui représente près de 2 800 hectares de territoire potentiellement butiné. Les abeilles qui butinent privilégient les fleurs riches en nectar et adaptent leur trajet selon la floraison du moment. Une butineuse expérimentée peut visiter jusqu'à 250 fleurs par heure d'activité — un chiffre repris par Gamm Vert dans ses contenus pédagogiques sur la pollinisation.

Anatomie d'une collecte de nectar

Pour aspirer le nectar, l'abeille déploie sa trompe — appelée proboscis chez les entomologistes — un appendice articulé capable de plonger au cœur des corolles les plus profondes. Le nectar transite ensuite par l'œsophage jusqu'au jabot, une poche pré-digestive d'environ 70 microlitres qui sert exclusivement au transport. Le jabot n'est pas un estomac : aucune digestion n'a lieu pendant le vol retour. La transformation enzymatique, elle, commence déjà en vol : les glandes salivaires de l'ouvrière sécrètent l'invertase, une enzyme qui scinde le saccharose du nectar en glucose et fructose, plus simples et plus stables.

L'organisation collective explique l'efficacité du système. Seules les ouvrières d'été — dont la durée de vie n'excède pas 40 à 45 jours — assurent le butinage. Les ouvrières d'hiver, plus longévives, restent au centre de la ruche pour maintenir la chaleur. Quand une butineuse rentre bredouille d'une fleur déjà épuisée, elle dépose des phéromones de marquage qui dissuadent ses congénères de s'y poser. Ce signal volatil s'estompe naturellement, permettant à la fleur d'être à nouveau visitée une fois son nectar reconstitué.

Chaque visite déclenche un transfert de pollen : les grains se collent aux poils de l'abeille puis se déposent sur le pistil de la fleur suivante. C'est le mécanisme fondamental de la pollinisation, sans lequel la majorité de nos cultures vivrières ne pourraient se reproduire. Selon la FAO, près de 75 % des cultures alimentaires mondiales dépendent au moins en partie de cette interaction. Le miel est donc un sous-produit d'un service écosystémique bien plus vaste.

Pour comprendre comment ce service écosystémique conditionne la production alimentaire mondiale, voir notre article dédié sur le rôle vital des abeilles dans la pollinisation.

Sur le toit d'une entreprise, ce rayon de butinage de 3 kilomètres couvre l'équivalent de 28 km² de territoire urbain — souvent plus diversifié sur le plan floral que les zones rurales en monoculture intensive. C'est l'une des raisons pour lesquelles le rayon de butinage et l'organisation des colonies produisent en milieu urbain certains des miels les plus diversifiés de France.

La transformation du nectar en miel dans la ruche

La transformation du nectar en miel est un processus biochimique en cinq étapes qui se déroule entièrement à l'intérieur de la ruche, sur une période d'une à trois semaines. Elle combine action enzymatique, évaporation contrôlée et stockage en alvéoles de cire. À son terme, le nectar — composé à 60-80 % d'eau et riche en saccharose — est devenu un miel stable, acide, riche en sucres simples, qui pourra se conserver des années sans altération.

La trophallaxie, un relais bouche-à-bouche

À son retour à la ruche, la butineuse régurgite le contenu de son jabot dans celui d'une receveuse. Cette dernière le transmet à son tour à une autre ouvrière, qui le passe à la suivante. On estime qu'une même goutte de nectar peut transiter par une vingtaine à une trentaine d'ouvrières successives avant d'être déposée en alvéole. À chaque échange, l'abeille ajoute sa propre dose d'enzymes salivaires : c'est la trophallaxie, terme scientifique qui désigne ce relais alimentaire collectif.

Les enzymes du miel et leur rôle

L'enrichissement enzymatique est ce qui distingue véritablement le miel d'un simple jus sucré. Deux enzymes jouent un rôle dominant. L'invertase, sécrétée par les glandes hypopharyngiennes des ouvrières, hydrolyse le saccharose en glucose et fructose, deux sucres simples directement assimilables et beaucoup plus résistants à la cristallisation que le saccharose d'origine. La glucose-oxydase, sécrétée par les mêmes glandes, oxyde une fraction du glucose pour produire de l'acide gluconique — qui acidifie le miel autour d'un pH de 3,5 à 4,5 — et du peroxyde d'hydrogène, conservateur antibactérien naturel.

EnzymeOrigineFonction biochimiqueRôle dans le miel
InvertaseGlandes hypopharyngiennesHydrolyse du saccharoseConversion en glucose et fructose, sucres simples digestibles
Glucose-oxydaseGlandes hypopharyngiennesOxydation du glucoseProduction d'acide gluconique (pH 3,5-4,5) et de peroxyde d'hydrogène (conservateur naturel)
Diatase (α-amylase)Glandes salivairesHydrolyse de l'amidonIndicateur de fraîcheur du miel (norme HMF européenne)
CatalasePollen et glandesDécomposition du peroxydeRégulation de l'effet conservateur dans la durée

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Ventilation et maturation

Une fois enrichi, le nectar est déposé dans les alvéoles hexagonales de cire bâties par les ouvrières cirières. Sa teneur en eau, encore proche de 40 à 80 % selon la fleur d'origine, doit impérativement chuter sous 18 % pour empêcher toute fermentation. Les abeilles ventileuses se postent à l'entrée de la ruche et au-dessus des cadres, et battent des ailes pour créer un courant d'air chaud qui évapore l'eau. Cette ventilation s'accompagne d'une régulation thermique stricte : la température interne de la ruche est maintenue autour de 35 °C, condition optimale à la fois pour le développement du couvain et pour l'activité des enzymes.

Que font les abeilles avec le miel ?

Le miel n'est pas produit pour les humains : il sert d'abord de réserve énergétique pour la colonie. Une partie nourrit les larves, mêlée au pollen sous forme de bouillie protéinée. Le reste constitue le stock hivernal. Selon l'ITSAP-Institut de l'Abeille, une colonie consomme entre 20 et 30 kilos de miel par an pour son auto-suffisance — quantité qu'un apiculteur respectueux laissera intégralement à ses abeilles avant toute récolte. Le miel sert aussi de carburant lors des journées pluvieuses ou froides où les ouvrières ne peuvent pas sortir butiner.

La nourriture distribuée à la reine est encore plus exclusive : la gelée royale, sécrétée par les jeunes nourrices. Pour explorer cette substance singulière, voir notre article sur la gelée royale, élixir de la reine des abeilles. L'organisation des rôles au sein de la colonie — butineuses, receveuses, ventileuses, cirières, nourrices — est détaillée dans le dossier les castes d'une colonie d'abeilles.

Le miel n'est pas du vomi d'abeille

Le jabot est une poche de transport pré-digestive située avant l'estomac réel ; le nectar n'y subit aucune digestion. Sa transformation est purement enzymatique : les sucres y sont scindés et acidifiés, mais jamais dégradés par des sucs gastriques. Le miel n'est pas non plus un excrément, comme le confirment les zoologistes : c'est un aliment fabriqué intentionnellement pour la conservation. Cette précision est devenue un classique des forums et des AI Overviews, où la question revient régulièrement.

L'operculage : le signal de maturité du miel

L'operculage désigne l'opération par laquelle les abeilles scellent une alvéole pleine de miel mûr avec une fine couche de cire vierge. Cet opercule est sécrété par les glandes cirières des ouvrières âgées de 12 à 18 jours, qui produisent la cire sous forme d'écailles puis la modèlent à la mandibule. Le scellement n'intervient que lorsque le miel a atteint son seuil de maturité — humidité inférieure à 18 % — en deçà duquel aucune fermentation microbienne n'est possible.

L'opercule remplit trois fonctions de conservation. Il isole le miel de l'humidité ambiante, qui pourrait le réhydrater et déclencher une fermentation. Il le protège de l'oxydation lente. Il bloque enfin l'accès aux contaminants externes — bactéries, levures, moisissures. Cette barrière naturelle est si efficace que des miels parfaitement comestibles ont été retrouvés intacts dans des tombes égyptiennes vieilles de plus de 3 000 ans, comme le rappelle régulièrement la littérature apicole.

L'architecture des alvéoles est elle-même remarquable. Chaque cellule mesure entre 5,3 et 5,7 millimètres de diamètre et adopte une forme hexagonale qui maximise le volume de stockage pour un minimum de cire utilisée. Cette efficacité géométrique a longtemps fasciné les mathématiciens : la conjecture du nid d'abeille, qui affirme que l'hexagone est la forme optimale pour subdiviser un plan en cellules d'aire égale, n'a été formellement démontrée qu'en 1999 par le mathématicien américain Thomas Hales.

La cire d'opercule, retirée par l'apiculteur lors de la récolte, n'est jamais perdue. Elle est purifiée puis réemployée pour fabriquer des bougies, des cosmétiques, des emballages alimentaires réutilisables (les bee wraps), ou refondue pour bâtir de nouveaux cadres. Pour aller plus loin sur ce sous-produit méconnu, voir notre article dédié sur la cire d'abeille, l'autre trésor de la ruche.

La récolte par l'apiculteur : techniques et respect des colonies

La récolte du miel intervient lorsque l'apiculteur constate qu'au moins 70 à 80 % des alvéoles d'une hausse — la partie supérieure de la ruche réservée au stockage — sont operculées. C'est le seul critère fiable pour s'assurer que le miel de ruche est mûr : tout prélèvement anticipé contiendrait trop d'eau et risquerait de fermenter. En France, on compte généralement deux récoltes par saison : l'une fin juin pour le miel de printemps, l'autre fin août pour les miellées d'été. Le calendrier précis varie selon la région, les essences butinées et la météo.

Préparer la récolte sans stresser la colonie

Avant toute intervention, l'apiculteur revêt sa combinaison protectrice et munit son enfumoir d'un combustible naturel — copeaux de bois, aiguilles de pin, foin sec. La fumée froide ainsi produite n'asphyxie pas les abeilles : elle simule un feu de forêt et déclenche un réflexe ancestral. Les ouvrières se gorgent de miel pour fuir, ce qui les rend plus calmes et moins enclines à piquer. Le lève-cadre permet ensuite de décoller délicatement les cadres collés à la propolis sans brusquer la colonie.

Les sept étapes de l'extraction

La récolte proprement dite suit une séquence rigoureuse, de l'inspection des cadres à la mise en pot. Voici les sept étapes telles qu'elles sont pratiquées dans les antennes apicoles Beecity comme chez la plupart des apiculteurs professionnels français.

  1. Inspection : seuls les cadres dont les alvéoles sont operculées à 70-80 % sont retenus. Les autres restent dans la ruche pour finir de maturer.
  2. Brossage ou chasse-abeilles : un brossage doux ou la pose d'une plaque chasse-abeilles, qui empêche les ouvrières de remonter dans la hausse, écarte les abeilles sans violence avant le transport des cadres.
  3. Désoperculage : un couteau chauffant ou une machine à désoperculer retire la fine couche de cire. La cire d'opercule est récupérée à part pour ses usages secondaires.
  4. Extraction : les cadres désoperculés sont placés dans une centrifugeuse — radiaire ou tangentielle — qui éjecte le miel par force centrifuge en 10 à 15 minutes par cycle.
  5. Filtration : le miel passe à travers des grilles fines qui retiennent les débris de cire, les particules de propolis et les éventuels résidus.
  6. Décantation : transvasé dans un maturateur, le miel repose 5 à 7 jours. Les bulles d'air et les fines particules remontent en surface et sont écumées.
  7. Mise en pot : le miel est conditionné, pesé, étiqueté avec date de récolte et origine, puis stocké à l'abri de la lumière jusqu'à la commercialisation.

Un principe encadre toute récolte sérieuse : l'apiculteur ne prélève jamais l'intégralité des réserves. Selon les pratiques recommandées par l'ITSAP-Institut de l'Abeille, il convient de laisser à la colonie entre 15 et 20 kilos de miel pour son hivernage, parfois davantage en zone froide. Cette retenue distingue l'apiculture éthique de l'élevage intensif où le miel récolté est remplacé par des sirops sucrés — une pratique qui appauvrit nutritionnellement les colonies et fragilise leur immunité.

La récolte du miel est aussi l'occasion de prélever d'autres produits de la ruche, comme la propolis, antiseptique naturel récolté lors des visites, utilisée par les abeilles pour colmater les interstices de la ruche et désinfecter le couvain.

Combien de temps pour remplir une hausse ?

Le temps nécessaire pour qu'une hausse de miel se remplisse varie fortement selon la fleur dominante et l'intensité de la miellée. Voici les ordres de grandeur observés sur le terrain par les apiculteurs.

Type de mielléeForte mielléeMiellée normaleParticularité
Acacia2 à 3 jours4 à 5 joursMiellée explosive en mai, fenêtre courte
Toutes fleurs5 à 7 jours7 à 10 joursMosaïque florale, miellée régulière
Tilleul4 à 6 jours6 à 8 joursJuin à juillet, particulièrement productif en ville
Châtaignier5 à 7 jours7 à 10 joursJuillet, miel corsé, dépendant des forêts proches
Lavande4 à 7 jours7 à 10 joursJuillet sud-est, transhumance fréquente
Sapin (miellat)VariableVariableDépend des pucerons et de la météo, imprévisible

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RÉCOLTER EN ENTREPRISE SANS GÊNER LES COLLABORATEURS

Lorsqu'une entreprise installe des ruches sur son toit ou dans son parc, la récolte est intégralement assurée par les apiculteurs des antennes Beecity. Le calendrier d'intervention est calé hors des plages d'occupation extérieure : pas de récolte pendant les pauses déjeuner ni les afterworks de terrasse. La fumée froide utilisée est inodore à distance et les équipes sont formées au respect strict des colonies. Chaque pot porte ensuite la mention du site de production — un toit parisien, un parc lyonnais, un jardin nantais — qui devient une signature géographique authentique pour la marque cliente.

La qualité du miel : ce qui fait la différence

La qualité du miel se lit à quatre critères principaux : son origine géographique, sa fraîcheur, son mode d'extraction et sa signature florale. Ces critères distinguent un miel artisanal local d'un mélange industriel. Tous les miels ne se valent pas, et les écarts de prix observés en rayon — de moins de 12 € à plus de 25 € le kilogramme — reflètent des réalités de production radicalement différentes.

L'origine géographique conditionne la richesse aromatique. Un miel produit localement porte la signature palynologique de son terroir, autrement dit la diversité de pollens présents dans son nectar d'origine. Les analyses palynologiques menées par l'INRAE et le CNRS sur les miels parisiens identifient régulièrement entre 20 et 30 espèces florales différentes par pot, contre 3 à 5 dans un miel issu d'une zone de grande culture monovariée. Cette diversité explique la complexité aromatique des miels urbains, désormais reconnue par les concours apicoles.

La saisonnalité compte tout autant. Un miel récolté en juillet et embouteillé en septembre conserve l'intégralité de ses enzymes thermosensibles. Un miel pasteurisé importé, qui aura passé six mois en cuve à 50-80 °C avant conditionnement, perd la majeure partie de sa diastase et de sa glucose-oxydase. La pasteurisation est une pratique commune dans l'industrie pour empêcher la cristallisation naturelle — qui est en réalité un signal de pureté, et non un défaut.

Cinq indicateurs d'un miel artisanal de qualité

  • Étiquette claire mentionnant le nom de l'apiculteur ou de l'antenne de production.
  • Origine géographique précise (région, parfois commune).
  • Mention « non chauffé » ou « extrait à froid ».
  • Cristallisation naturelle observable, sauf pour les miels d'acacia naturellement liquides plusieurs mois.
  • Date de récolte récente, idéalement de moins de 12 mois.

Tableau comparatif : trois modèles de miel

CritèreMiel industriel grande surfaceMiel artisanal localMiel Beecity
OrigineMélange UE et hors UE (souvent Chine, Ukraine)Identifiée (apiculteur, terroir)Antenne Beecity régionale identifiée
TraçabilitéFaible (mélange industriel)ForteMaximale (lieu précis de récolte)
ProcessPasteurisation 50 à 80 °CExtraction à froidExtraction à froid en antenne
Signature florale3 à 5 espèces (souvent monoflorale industrielle)15 à 25 espèces20 à 30 espèces en milieu urbain, ou local rural
Fraîcheur6 à 24 mois après récolte2 à 12 mois2 à 6 mois (circuit court strict)
DistributionGrande surface, e-commerceMarché, vente directe, AMAPRetrait à l'antenne, sans livraison
Prix indicatif6 à 12 €/kg18 à 25 €/kgVoir boutique Beecity

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Les prix de marché reflètent ces écarts. Selon le bilan UNAF 2024, le prix moyen constaté du miel français artisanal s'établit autour de 22 € le kilogramme en circuit court, contre près de 11 € pour un miel d'origine extra-UE — un différentiel qui s'explique par les coûts de main-d'œuvre, la traçabilité et les pratiques d'extraction préservées. En dessous de 12 € le kilo, la prudence sur l'origine est de mise.

C'est précisément dans cet esprit que les antennes Beecity produisent et commercialisent leurs propres miels : un miel par région, récolté localement, sans livraison longue distance, retiré directement à l'antenne de production par les clients ou redistribué aux entreprises hôtes pour leurs collaborateurs et leurs clients. Le circuit court devient une ligne directrice plutôt qu'un argument marketing.

Pour les entreprises ou particuliers qui souhaitent agir sans installer leur propre rucher, parrainer une ruche : alternative à l'installation reste une option efficace, avec récolte annuelle et reporting de production.

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Conclusion

De la trompe d'une butineuse au pot étiqueté en boutique, la fabrication du miel mobilise des dizaines de milliers d'ouvrières, une biochimie élaborée et un savoir-faire humain calé sur les rythmes de la colonie. C'est l'aboutissement d'un mécanisme vieux de plus de 60 millions d'années, antérieur à toute domestication.

Ce mécanisme est aujourd'hui menacé. Le déclin global des pollinisateurs, lié aux pesticides, à la perte d'habitat et aux pathogènes émergents, pèse sur la stabilité des récoltes — et sur celle de notre alimentation.

Pour aller plus loin sur ces enjeux, voir notre dossier comprendre le déclin des abeilles et agir, ainsi que notre référence transverse : explorez le guide complet de l'apiculture urbaine.

FAQ : VOS QUESTIONS SUR LA FABRICATION DU MIEL

Combien de temps faut-il pour remplir une hausse de miel ?

Entre 3 et 10 jours selon le type de miellée et la vigueur de la colonie. Une miellée d'acacia explosive peut combler une hausse en 2 à 3 jours, quand une mosaïque toutes fleurs en demandera 7 à 10. Le tableau de la section 4 récapitule les durées par essence. Ces ordres de grandeur restent indicatifs : la météo, la disponibilité des fleurs et la force de la colonie peuvent faire varier le calendrier d'un facteur deux.

Pourquoi les abeilles font-elles du miel ?

Les abeilles fabriquent du miel pour nourrir leur colonie, pas pour les humains. Le miel sert d'aliment énergétique aux ouvrières lorsqu'elles ne peuvent pas sortir butiner — par mauvais temps comme en hiver — et entre dans la composition de la bouillie protéinée distribuée aux larves. Selon l'ITSAP-Institut de l'Abeille, une colonie consomme entre 20 et 30 kilos de miel par an pour son auto-suffisance, ce qu'un apiculteur respectueux laisse intégralement avant toute récolte.

Combien de fleurs faut-il pour faire 1 kg de miel ?

Environ 5,5 millions de fleurs pour produire 1 kilogramme de miel, soit 2,75 millions pour 500 grammes — un ordre de grandeur communément cité dans la littérature apicole et par des organisations comme Veganuary. Une butineuse visite jusqu'à 250 fleurs par heure et une colonie active mobilise plusieurs dizaines de milliers d'ouvrières en saison, ce qui explique qu'un tel volume de visites soit atteignable sur quelques semaines de miellée intensive.

À quoi sert le miel pour les abeilles ?

Le miel sert principalement de réserve énergétique pour la colonie. Il alimente les larves sous forme de bouillie nourricière mêlée au pollen, fournit le glucose nécessaire au vol des ouvrières adultes, et constitue la réserve hivernale qui permet à la colonie de survivre quand aucun nectar n'est disponible. C'est la seule espèce d'insecte sociale qui reste active en hiver, ce qui explique pourquoi elle a développé cette stratégie de stockage à long terme.

Le miel est-il vraiment du vomi d'abeille ?

Non. Le jabot dans lequel l'abeille transporte le nectar est une poche pré-digestive située avant l'estomac réel de l'insecte ; aucune digestion n'y a lieu. Le nectar n'est jamais dégradé par des sucs gastriques, il est uniquement enrichi en enzymes salivaires (invertase, glucose-oxydase) lors d'échanges entre ouvrières. La régurgitation est donc une opération de transport, comparable au passage d'une coupe à une autre, et non un acte digestif.

Les guêpes font-elles du miel ?

Non, les guêpes ne produisent pas de miel stockable. Contrairement aux abeilles mellifères du genre Apis, elles sont majoritairement carnivores — elles chassent d'autres insectes pour nourrir leurs larves — et leur colonie ne survit pas à l'hiver. Seule la reine fécondée hiberne pour fonder un nouveau nid au printemps. Sans besoin de réserves énergétiques sur la durée, les guêpes n'ont jamais développé la chaîne enzymatique et la cire d'operculage qui caractérisent la fabrication du miel.

Combien de miel produit une ruche par an ?

Le rendement d'une ruche varie fortement selon le contexte. Selon FranceAgriMer et l'ITSAP-Institut de l'Abeille, le rendement moyen des ruches biologiques s'établissait à 24 kilos par ruche en 2023. En milieu urbain favorable, les antennes BeeCity observent des rendements de 30 à 40 kilos par ruche, parfois davantage. Les écarts annuels sont importants : moins de 10 kilos en année difficile, jusqu'à 80 kilos en année exceptionnelle. La récolte nationale 2024 s'est établie à 12 000 tonnes selon l'UNAF, en baisse de 40 % par rapport à 2023. Les variations dépendent aussi de la sous-espèce d'abeille élevée — pour aller plus loin sur l'espèce endémique française, voir les caractéristiques de l'abeille noire endémique.

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Photo de Sylvain, membre de BEECITY

Sylvain Breuvart

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