Label Clef Verte : quels critères biodiversité pour votre hôtel ?
Plus de 3 000 établissements touristiques français affichent aujourd’hui la Clef Verte à leur entrée. Derrière la plaque, un référentiel qui vient de changer : le référentiel Clef Verte 2027-2031 s’applique du 1er octobre 2026 au 31 décembre 2031 et remplace les grilles par typologie. La numérotation change, les exigences biodiversité montent d’un cran, et le critère que beaucoup d’hôteliers découvrent tard dans le montage de leur dossier porte désormais le numéro 7.11 : impératif, il demande au moins deux actions en faveur de la biodiversité locale pour un établissement doté d’espaces verts, dont au moins une réalisée dans ses propres espaces verts. Voici ce que la Clef Verte attend sur le volet biodiversité dans ce nouveau référentiel, ce qui compte comme action aux yeux d’un auditeur, et comment construire la preuve.
Mise à jour du 18 septembre 2026 : cet article a été actualisé pour le référentiel Clef Verte 2027-2031, qui remplace la grille utilisée jusqu’à la campagne 2026.
La Clef Verte en bref
La Clef Verte, ou Green Key à l’international, est le premier label de tourisme durable pour les hébergements touristiques et les restaurants. Créé au Danemark en 1994, il est déployé en France depuis 1998 par l’association Teragir, et présent dans plus de 90 pays sur cinq continents.
En France, 3 035 établissements sont labellisés : hôtels, campings, auberges de jeunesse, chambres d’hôtes, gîtes, résidences de tourisme, restaurants et villages vacances. Le label revendique 76 millions de nuitées à faible impact.
Contrairement à une certification ISO, la Clef Verte n’est pas une norme de management. C’est une grille de critères concrets, vérifiés sur place par un auditeur-conseil, le plus souvent un conseiller du réseau des CCI, au cours d’une visite d’une demi-journée environ.
Comment est construit le référentiel
Le référentiel change de forme. Jusqu’à la campagne 2026, chaque typologie avait sa grille : celle des hôtels et auberges de jeunesse comptait 120 critères, dont 68 impératifs. Le référentiel 2027-2031 réunit toutes les typologies dans un document unique de 139 critères numérotés par thématique (1.1, 2.8, 7.11), répartis en 7 thématiques :
- Gestion durable
- Sensibilisation et participation de la clientèle
- Eau
- Énergie et carbone
- Déchets
- Achats
- Cadre de vie, qui contient la sous-section « Protection de la biodiversité »
Chaque critère est soit impératif (I), soit conseillé (C), et ce statut peut varier selon la typologie d’établissement ou la taille du site. La règle de base ne bouge pas : tous les critères impératifs applicables doivent être remplis pour obtenir le label. Les critères conseillés relèvent de l’amélioration continue, avec une exigence qui monte dans le temps : 0 % lors des deux premières années de certification, puis 10 %, 20 %, 30 %, 40 %, et 50 % à partir de la onzième année.
À l’issue de l’audit, s’il manque 1 à 5 critères impératifs, l’établissement dispose de deux mois pour apporter les corrections. Au-delà de 5, une nouvelle visite peut être exigée. Avec zéro critère manquant, la décision de labellisation intervient dans le mois.
Autrement dit : un seul critère impératif oublié suffit à décaler une labellisation d’une campagne entière.
Les critères qui touchent à la biodiversité
La biodiversité a désormais sa sous-section, « Protection de la biodiversité », dans la thématique Cadre de vie. Mais les critères qui la servent restent répartis sur plusieurs rubriques, et c’est précisément ce qui fait qu’on la sous-estime en montant son dossier. Voici les critères concernés dans le référentiel 2027-2031.
| N° | Statut | Ce que demande le critère | Preuve attendue |
| 1.8 | Impératif | Coopérer activement avec des parties prenantes externes sur des sujets de développement durable : une collaboration au minimum, deux au-delà de 50 salariés, dont une ancrée dans la région | Comptes rendus, conventions |
| 2.8 | Selon la typologie | Informer les clients sur les parcs, paysages, zones de conservation et autres espaces naturels sensibles des alentours, et sur les comportements à adopter | Supports remis aux clients |
| 2.10 | Conseillé | Proposer et promouvoir au moins quatre activités de sensibilisation par période de certification, dont une à dimension environnementale | Programme et traces des activités |
| 7.8 | Impératif | Réduire au strict minimum les produits agrochimiques, avec une approche écrite de lutte intégrée contre les nuisibles | Approche écrite, registres d’application |
| 7.9 | Impératif jusqu’à 4 000 m² de pelouse, conseillé au-delà | N’acheter que du matériel d’entretien des jardins manuel ou électrique | Factures des 24 derniers mois |
| 7.10 | Impératif | Entretenir les espaces verts selon les principes de la gestion écologique : arrosage ciblé obligatoire, puis paillage, fauche tardive, espèces adaptées, lutte contre les espèces envahissantes | Photos et preuves visuelles des pratiques |
| 7.11 | Impératif | Prendre au moins deux actions en faveur de la biodiversité locale, dont une dans ses propres espaces verts. Une seule action pour un établissement urbain sans espace vert | Procédure écrite et registre des interventions |
| 7.12 | Conseillé | Évaluer les risques et les opportunités liés à la biodiversité sur son site | Évaluation écrite |
| 7.13 | Conseillé | Suivre au moins une fois par an les habitats et les espèces présents sur le site ou aux alentours | Relevés annuels |
| 7.14 | Conseillé | Mettre en place au moins une initiative de sensibilisation aux pratiques alimentaires durables dans ses espaces verts | Documents sur l’initiative |
Le point à retenir : les actions comptabilisées au titre du 7.11 s’ajoutent à l’arrêt des produits agrochimiques (7.8) et à l’entretien écologique des espaces verts (7.10), déjà exigés par ailleurs. Ne pas traiter ses massifs et arroser au goutte-à-goutte ne suffit donc pas. C’est le point de départ, pas la réponse.
Le critère 7.11 décrypté
C’est le critère le plus ouvert de la thématique, et c’est ce qui le rend piégeux. Le référentiel donne des exemples, pas une liste fermée : l’auditeur juge sur pièces, au regard du contexte et de l’échelle du site. La règle de comptage, elle, est explicite. Un établissement doté d’espaces verts doit mener au moins deux actions, dont au moins une dans ses propres espaces verts. Un établissement urbain ou sans espace vert n’en doit qu’une. Les actions doivent toujours soutenir des espèces locales.
Les actions citées en exemple par le référentiel :
La preuve attendue a changé de nature. L’établissement présente une procédure écrite en faveur de la biodiversité locale et un registre des interventions, avec la preuve d’un examen semestriel pour les renouvellements. Si l’entretien est confié à un prestataire, sa politique écrite est demandée en plus. L’auditeur échantillonne ensuite au moins un espace vert pour vérifier sur place. Une ruche installée en avril et jamais documentée ne vaut donc pas grand-chose. La même ruche avec un contrat annuel, des comptes rendus de visite datés, des photos et un bilan de récolte alimente directement ce registre.
Deux précisions françaises utiles. L’adaptation nationale accepte les actions situées dans un rayon de 100 km autour de l’établissement ou dans la même région, ce qui ouvre la porte au parrainage d’une ruche hébergée chez l’apiculteur. Et si l’une de vos actions est un don, son montant doit au moins égaler le prix moyen d’une nuitée dans votre établissement.
Une action, plusieurs critères
C’est là que le raisonnement devient intéressant pour un hôtelier qui compte ses critères manquants. Certaines actions ne cochent pas une case, mais plusieurs.
Un rucher, ou un parrainage de ruche si vous n’avez pas la place ou l’envie d’accueillir les abeilles sur site, alimente potentiellement cinq critères à la fois :
| Critère | Ce que le rucher apporte |
| 7.11 : actions biodiversité | Une action documentée, contractualisée et suivie dans le temps, réalisée dans vos espaces verts |
| 2.8 : information sur les espaces naturels | Un support de sensibilisation concret pour les clients : panneau, fiche en chambre, page web dédiée sur les pollinisateurs du territoire |
| 2.10 : activités de sensibilisation | Une visite de rucher ou un atelier de récolte du miel ouvert aux clients, à compter parmi les quatre activités demandées par période de certification |
| 6.17 et 6.18 : produits alimentaires durables | Le miel de l’établissement, récolté sur place ou par l’apiculteur partenaire, au petit-déjeuner ou en boutique, compte parmi les produits locaux |
| 1.8 : coopération avec les parties prenantes | Une collaboration avec un acteur local du développement durable |
Une précision d’honnêteté sur le critère 1.8 : un simple contrat de prestation ne constitue pas, en soi, une coopération active avec une partie prenante. Pour qu’il compte, la relation doit dépasser la fourniture de service, et au moins une collaboration doit être ancrée dans votre région. Animation auprès d’une école du quartier, participation à un programme local de suivi des pollinisateurs, mise à disposition du rucher pour une association. C’est faisable, mais cela se construit, et cela se raconte dans le dossier.
Et une seconde : une ruche seule ne valide pas le critère 7.11 si votre établissement dispose d’espaces verts, puisqu’il faut alors deux actions. C’est pourquoi les hôteliers l’associent souvent à un second aménagement biodiversité (mare, hôtel à insectes ou haie sèche) qui a l’avantage d’être durable, visible, et sans entretien lourd. Le référentiel ajoute une nuance que nous assumons : dans certaines zones urbaines denses, les ruches et les grands hôtels à insectes ne sont acceptables que sous conditions écologiques et réglementaires, les installations petites et dispersées étant préférables. En plein centre-ville, une ruche n’est pas toujours la bonne réponse.
Le calendrier : pourquoi s’y prendre à l’automne
Le parcours de labellisation s’étale sur près d’un an, mais son rythme change avec le nouveau référentiel. Les jalons de la campagne 2027 :
| Échéance | Étape |
| 1er octobre 2026 | Entrée en vigueur du référentiel 2027-2031 |
| Début 2027 | Intégration des nouveaux critères dans la plateforme professionnelle. D’ici là, l’autodiagnostic se fait sur les critères actuels, proches des nouveaux |
| Toute l’année 2027 | Dépôt de la candidature quand l’établissement se sent prêt à recevoir l’audit |
| Après le dépôt | Audit sur site d’environ une demi-journée, par un conseiller CCI ou un consultant qualifié |
| 2 mois | Délai de correction s’il manque 1 à 5 critères impératifs |
| 1 mois | Décision de labellisation quand aucun critère impératif ne manque |
| Tous les 2 ans | Nouvel audit sur site. L’année intermédiaire, justification d’un échantillon de 12 critères impératifs |
D’abord, la biodiversité ne se rattrape pas en trois semaines. Un aménagement posé juste avant l’audit se voit. Une ruche installée en avril n’a produit ni récolte, ni compte rendu, ni photo de saison. Comme vous choisissez désormais votre moment pour déposer la candidature, autant lancer les actions du critère 7.11 à l’automne ou en hiver, et déposer le dossier quand le registre existe.
Ensuite, le label se joue désormais sur deux ans. La labellisation est attribuée pour deux ans, l’audit sur site revient tous les deux ans, et l’année intermédiaire porte sur un échantillon de 12 critères impératifs. Vos actions biodiversité doivent donc tenir dans la durée, pas seulement le jour de la visite.
Ce que ça coûte
Deux budgets distincts, à ne pas confondre.
Le coût du label lui-même se compose de frais de participation annuels, modulés selon la taille de l’établissement, et de frais d’audit. Aucune remise commerciale n’est pratiquée, y compris pour les chaînes, et les tarifs de l’année sont publiés avant l’ouverture de l’appel à candidature. Ces frais sont dus quelle que soit l’issue du dossier.
Le coût des initiatives biodiversité, lui, dépend de ce que vous mettez en place. Chez BEECITY, un parrainage ou un rucher accompagné comprend l’installation, l’entretien par un apiculteur professionnel, le suivi documenté et le miel récolté à votre nom :
- Une ruche parrainée : à partir de 900 € HT par an
- Un rucher de 2 à 3 ruches, avec récolte et animation client : de 1 700 à 2 400 € HT par an
Un point de comparaison utile : le label ne réclame pas un investissement spectaculaire, mais une démarche traçable. Un budget modeste bien documenté vaut mieux qu’un aménagement coûteux sans pièce justificative.
Des hôtels l’ont fait
BEECITY accompagne des hôtels, des résidences et des sites de loisirs dans plusieurs régions :
- Hauts-de-France : Eklo Hôtel Lille, deux ruches avec aménagements biodiversité et animations clients, et l’Hôtel Carlton à Lille, en parrainage
- Champagne-Ardenne : greet Hôtel Tinqueux, Novotel Tinqueux, Radisson Hôtel Reims et Hyatt Centric Reims
- Rhône-Alpes : Hôtel Rivage & Spa à Annecy et l’Hôtel Chalet Le Prieuré à Chamonix, rucher en altitude
- Bretagne : Domaine du Château du Nessay à Saint-Briac et le Golf Cap Malo à Melesse
Nos clients disposent d’un espace dédié sur beecity.fr, alimenté tout au long de l’année par le responsable d’antenne : dates d’intervention, photos, comptes rendus de visite, bilans de récolte. Cet espace constitue, tel quel, le registre des interventions attendu par le critère 7.11 : un journal de bord daté, tenu par un tiers professionnel, et consultable par l’auditeur.
Par où commencer
Si vous montez votre dossier Clef Verte pour la prochaine campagne, l’ordre logique est le suivant :
- Faites l’inventaire de ce que votre établissement fait déjà pour la biodiversité. Vous en avez souvent plus que vous ne le pensez, mais rarement de trace écrite.
- Comptez. Le critère 7.11 en exige deux si vous avez des espaces verts, dont une action chez vous, en plus de l’arrêt des produits agrochimiques (7.8) et de l’entretien écologique des espaces verts (7.10).
- Choisissez des actions visibles et racontables. Les clients les remarquent, et c’est ce qui alimente aussi les critères 2.8, 2.10 et 6.17.
- Documentez dès le premier jour, dans une procédure écrite et un registre relu deux fois par an. Une action sans date ni trace ne compte pas.
BEECITY installe et entretient des ruches en entreprise et collectivité, conçoit des aménagements biodiversité (mares, hôtels à insectes, haies sèches, prairies fleuries) et anime des ateliers pour les clients et les équipes, depuis six antennes régionales dont Lille et Lyon.
Pour les entreprises hors hôtellerie, notre guide des labels et certifications biodiversité couvre Engagé pour la nature, Act4nature, EcoJardin et BiodiverCity.
Vous préparez votre dossier Clef Verte ? Parlons de vos deux initiatives biodiversité : nous vous dirons en un échange ce qui tient la route face à un auditeur. Contactez-nous.
Écrit par
Sylvain Breuvart
Fondateur de BEECITY, apiculteur et animateur nature
Apiculteur et animateur nature, Sylvain Breuvart a créé BEECITY en mars 2013 après sept ans passés dans la microfinance, avec l’idée de bâtir un projet à impact environnemental concret. Parti de l’installation de ruches en entreprise, il a progressivement élargi l’activité à la création de biodiversité sur les sites professionnels : revégétalisation, habitats pour la faune et sensibilisation des équipes. Il dirige l’antenne Hauts-de-France et pilote le réseau des six antennes régionales.
FAQ
Vos questions sur le label Clef Verte
La Clef Verte, ou Green Key à l’international, est le premier label de tourisme durable pour les hébergements touristiques et les restaurants. Créé au Danemark en 1994 et déployé en France depuis 1998 par l’association Teragir, il est présent dans plus de 90 pays et compte 3 035 établissements labellisés en France.
Le parcours dure environ un an : auto-évaluation sur la plateforme professionnelle, plan d’actions, puis dépôt du dossier. En 2027, la candidature peut être déposée tout au long de l’année, quand l’établissement se sent prêt à recevoir l’audit. Suit un audit sur site d’environ une demi-journée, une phase de corrections de deux mois s’il manque 1 à 5 critères impératifs, puis la décision de labellisation dans le mois. Le label est attribué pour deux ans.
Depuis le 1er octobre 2026, un référentiel unique remplace les grilles par typologie : le référentiel 2027-2031 compte 139 critères répartis en 7 thématiques, numérotés par thématique. Chaque critère est impératif ou conseillé, et ce statut peut varier selon la typologie d’établissement. Tous les critères impératifs applicables sont obligatoires, et la part de critères conseillés à satisfaire augmente avec les années de certification, de 0 % à 50 %.
Non, sauf cas particulier. Le critère 7.11 du référentiel 2027-2031 exige au moins deux actions en faveur de la biodiversité locale pour un établissement doté d’espaces verts, dont au moins une réalisée dans ses propres espaces verts. Seuls les établissements urbains sans espace vert n’en doivent qu’une. Une ruche ou un parrainage constitue une action, à associer à une seconde : hôtel à insectes, nichoirs, prairie fleurie, mare ou haie sèche. Ces actions s’ajoutent à l’arrêt des produits agrochimiques (7.8) et à l’entretien écologique des espaces verts (7.10).
Oui. Le critère 7.11 demande une procédure écrite en faveur de la biodiversité locale et un registre des interventions, avec la preuve d’un examen semestriel pour les candidats au renouvellement. Contrat, comptes rendus d’intervention datés, photos et bilans de suivi alimentent ce registre. Une action non documentée est généralement écartée en audit.
Le label combine des frais de participation annuels, modulés selon la taille de l’établissement, et des frais d’audit. Aucune remise commerciale n’est pratiquée, y compris pour les chaînes, et les tarifs de l’année sont publiés avant l’ouverture de l’appel à candidature. Ces frais sont dus quelle que soit l’issue du dossier.
Aucune : il s’agit du même label. « Clef Verte » est la dénomination française, « Green Key » la dénomination internationale. Le label est porté au niveau mondial par la Foundation for Environmental Education, représentée en France par Teragir.
Prêt à passer
à l’action ?
Contactez dès maintenant votre responsable BEECITY local pour découvrir des solutions de biodiversité adaptées à votre région et à vos besoins !